mardi 11 août 2026

Portrait de l'ingénieur Lombard de Combles

Bonjour!

Ce 11 août 2026 marque le 270e anniversaire de la mort de Jean-Claude-Henri de Lombard de Combles, le seul des ingénieurs militaires envoyés par Louis XV en Nouvelle-France pendant la guerre de Sept Ans qui décède en Amérique. 

Le personnage est déjà connu des personnes habituées à ce blogue. Mon premier article en 2018 présentait sa mort tragique le 11 août 1756, le pauvre de Combles étant tué par Hotchig, un chef de la nation Nipissing allié aux Français, qui confondit le rouge de l'uniforme de l'ingénieur avec celui des Britanniques (voir mon article ici)... J'ai aussi eu l'occasion de présenter dans une vidéo de quelques minutes ce magnifique plan des forts britanniques de Chouaguen (Oswego, État de New York) et du projet de leurs attaques, dressé par l'ingénieur deux semaines avant sa mort (voir la vidéo ici).

Plan de la Rivière et des Forts de Chouaguen 
relatif à la reconnaissance que j'en ay fait 
le 25 juillet 1756. 
 Archives Nationales d'Outre-Mer 
                           

Pour souligner la date de la mort de Lombard de Combles, je souhaite vous proposer ici un bref portrait de l'ingénieur.

Né le 10 décembre 1719 à Combles-en-Barrois (près de Bar-le-Duc, en Lorraine), Jean-Claude-Henri de Lombard de Combles est le fils d'un ingénieur du Génie, Jean-Adrien, qui décède de ses blessures au siège de Kehl (Allemagne) en 1733.

Ayant probablement appris les rudiments du métier d'ingénieur auprès de son père, Jean-Claude-Henri complète cet apprentissage par un emploi d'inspecteur des fortifications à Bapaume entre 1734 et 1738, puis à Hesdin jusqu'en 1742, avant d'obtenir son brevet d'ingénieur ordinaire (le premier échelon du corps des ingénieurs militaires français) en 1743, en même temps que le grade de lieutenant dans l'armée royale.

De Combles est immédiatement affecté à Belle-Île-en-mer, une île au sud de la Bretagne. Alors que la France déclare la guerre à l'Autriche et à la Grande-Bretagne en 1744 (elle participe tout de même à la guerre de Succession d'Autriche comme alliée de la Bavière depuis 1741), l'ingénieur quitte le service des fortifications de l'île bretonne en 1745 pour intégrer l'armée des Flandres, commandée par Louis XV et le maréchal de Saxe. Il participe aux sièges de la ville de Tournai, en Belgique, et de sa citadelle en mai et juin 1745 (c'est dans le cadre de ce siège qu'a lieu la célèbre bataille de Fontenoy du 11 mai).

Siège de Tournai, 14 mai 1745, Pierre-Nicolas Lenfant,
Collections du Château de Versailles

De Combles repart pour Belle-Île à l'été 1745, et y reste jusqu'à son départ pour le Canada en 1756, tout en effectuant quelques missions ponctuelles à divers endroits des côtes de Bretagne. Il se distingue entre autres par la rédaction d'un mémoire sur les fortifications de Belle-Île en 1754, numérisé et disponible sur le portail Gallica de la Bibliothèque Nationale de France (voir ici). Capitaine en 1752, il demande à servir aux colonies, et est pour cela récompensé par la croix de Saint-Louis (prestigieux ordre militaire récompensant les officiers de l'armée royale d'Ancien Régime) au début de l'année 1756, au moment de son départ pour le Canada.

Parti de Brest début avril 1756 avec les renforts commandés par le marquis de Montcalm, il arrive à Québec le mois suivant. Il est presque immédiatement envoyé dans la région du lac Ontario pour préparer le siège des forts britanniques de Chouaguen/Oswego. Parti du fort Frontenac (Kingtson, Ontario) à la mi-juillet, il effectue une observation des forts britanniques les 25 et 26 juillet, dont il tire à son retour à Frontenac quelques jours plus tard un plan et un mémoire.

C'est à l'occasion d'une nouvelle reconnaissance des positions ennemies, préalable à l'ouverture du siège par l'armée de Montcalm, que de Combles est tué accidentellement, le 11 août 1756.

Il laisse en France une famille nombreuse (six enfants âgés de 3 à 11 ans, orphelins de mère comme de père), qui bénéficiera toutefois de l'aide des autorités françaises (voir mon article à ce sujet ici).

Ingénieur dont les compétences sont à plusieurs reprises soulignées par ses supérieurs (voir ma thèse de doctorat, disponible en ligne sur le site de la bibliothèque de l'Université Laval), ses documents préparatoires au siège de Chouaguen ont grandement aidé Montcalm et son état-major à planifier la prise des forts britanniques, dont la garnison capitule le 14 août 1756, trois jours seulement après la mort de l'ingénieur.

Je vous invite à consulter, en complément de mon bref article, la biographie de Lombard de Combles dans le Dictionnaire biographique du Canada (voir ici).

Bonne journée!

Michel Thévenin

lundi 16 mars 2026

Répondre à un « antagoniste et un détracteur du corps du Génie » au début de la Révolution française

Bonjour!


Je suis ravi de partager aujourd'hui avec vous le texte d'une courte note de recherche que je publie dans le deuxième numéro de la revue Theia. Je m'y intéresse brièvement aux polémiques entourant l'armée française au début de la Révolution de 1789 sous l'angle de la participation auxdites polémiques d'un des ingénieurs militaires que j'ai étudiés dans ma thèse, François de Caire. Cette courte réflexion n'est qu'une introduction à ce que j'espère pouvoir être un projet de recherche plus vaste sur la question dans le cadre d'un éventuel postdoctorat.

Vous pouvez accéder au texte de ma note de recherche en cliquant sur ce portrait de François de Caire, conservé par les descendants de l'ingénieur et dont une reproduction numérique m'a généreusement été envoyée en 2024 par Monsieur Pierre de Boissieu, que je remercie.


Portrait de François de Caire, auteur et date inconnus (décennie 1770?)


Bonne lecture!

Michel Thévenin

samedi 21 février 2026

Documentaire sur le fort Saint-Sébastien

Bonjour!


J'ai vu passer il y a quelques semaines un documentaire sur le fort Saint-Sébastien, que j'ai finalement pris le temps de regarder et que je souhaite ici partager avec vous.

Pour un peu de contextualisation, le fort Saint-Sébastien est un camp d'entraînement de l'armée française construit près de Saint-Germain-en-Laye à la fin des années 1660. Les troupes françaises s'y sont entraînées aux nouvelles méthodes de siège rationnalisées par Vauban, le grand ingénieur de Louis XIV. Ce camp a donc servi de "répétition générale" de la guerre de siège en quelque sorte aux troupes du Roi-Soleil juste avant le déclenchement de la guerre de Hollande (1672-1678), qui a vu une importance croissante de la guerre de siège.


Détail d'une carte de la région de Saint-Germain-en-Laye montrant le fort Saint-Sébastien,
auteur et date inconnus,
Archives communales d'Herblay


Ce fort a été fouillé au début des années 2010, et le documentaire d'une cinquantaine de minutes montre de manière fort intéressante ces fouilles archéologiques (j'ai quelques petites critiques sur le dernier tiers du documentaire, consacré plus spécifiquement à la guerre de siège, mais c'est un excellent documentaire dans l'ensemble).


Je joins à ce documentaire le lien menant à un court article de trois pages au sujet de ce fort Saint-Sébastien (accessible en cliquant ici).


À bientôt!

Michel Thévenin

samedi 17 janvier 2026

Quelques nouvelles concernant mon blogue

Bonjour!

Vous aurez sans doute remarqué que cela fait maintenant plus de deux ans et demi que je n'écris plus sur ce blogue, hormis un petit article il y a quelques mois. 

Je souhaite donc ici vous donner quelques nouvelles, expliquer ce long silence et exposer ma vision pour l'avenir de ce blogue.

Étant rigoureux dans ma recherche et exigeant envers moi-même, la rédaction de chacun des articles de ce blogue m'a demandé bien du temps et de l'énergie (en moyenne, deux à trois heures par article, en soirée et en fin de semaine). Je dois avouer qu'à partir de 2023, j'ai eu de plus en plus de difficultés à trouver la motivation et l'énergie pour réitérer ces efforts. Il faut trouver des sujets que j'estime suffisamment pertinents, et qui m'intéressent assez pour y consacrer cette énergie. Idéalement, j'essaie aussi de trouver des sujets d'articles permettant d'intégrer de l'iconographie, ce qui n'est pas évident! En bref, la motivation m'a un peu échappé au fil des années pour continuer à garnir ce blogue. 2024 et 2025 furent marquées par mes premières charges d'enseignement, très chronophages et énergivores, et par la rédaction de ma thèse de doctorat, exercice éreintant s'il en est. Dans ce contexte, malgré quelques idées potentielles d'articles, je n'ai pas franchi le pas de réécrire ici.

Cela ne veut pas dire pour autant que mon blogue est mort et enterré. Je ne regrette pas les efforts consentis pour partager avec vous des aspects de mes recherches de maîtrise et de doctorat, et dès la création de ce blogue à l'automne 2018, j'ai souhaité en faire un réel outil de travail, qui m'a permis sur certains points de mettre par écrit des premières réflexions qui se sont retrouvées de manière plus élaborées dans ma thèse.

Je suis maintenant arrivé à la fin de mon parcours de doctorant et, au terme de quelques mois de rédaction intensive de la thèse, j'ai pu soutenir cette dernière le mercredi 3 décembre 2025 à l'Université Laval. Ma thèse sera disponible en ligne d'ici quelques mois, je ferais certainement une petite annonce ici lorsque ce sera le cas.

Quel avenir donner à ce blogue, maintenant que ma recherche de doctorat est terminée? Non seulement je ne cesse aucunement de m'intéresser à mes ingénieurs militaires (je poursuis plus loin quelques aspects de ma recherche pour bonifier et augmenter ma thèse en vue d'une publication), mais je ne compte pas reléguer ce blogue à l'oubli.

Je ne sais pas encore si je vais retrouver la motivation de produire de longs articles fournis ou non (cela dépendra entre autres des retours du lectorat, qui est un facteur non négligeable dans la motivation). Je pense plutôt dans un premier temps essayer de redonner vie à ce blogue au moyen de petits billets plus courts, présentant soit des anecdotes insolites de sources, soit des annonces pour telle conférence ou telle exposition, voire pour relayer des vidéos de documentaires si l'occasion se présente.

Je ne peux vous garantir une régularité et une profusion dans la production de billets de ce type, mais je compte progressivement "ressuciter" ce blogue et poursuivre mes efforts de diffusion de l'histoire par cet intermédiaire (mon implication dans la vulgarisation ne s'est aucunement arrêtée, puisque j'ai tout de même continué à faire des conférences, à écrire des articles pour des revues de vulgarisation ou à présenter mes recherches lors d'animations historiques).

Bonne journée, et à bientôt!

Michel Thévenin